Roudy, Yvette (fonds d'archives)

1929-2001  

Ce fonds est composé essentiellement d'archives papier mais aussi d'objets, de documents audiovisuels, d'affiches et de documentation. Il permet de retracer le parcours militant d'Yvette Roudy. La majorité des documents embrasse la période entre 1965 et 1993.

Sayad, Abdelmalek (fonds d'archives)

début 1980-2009]  

Après un premier important travail de tri, les archives sont réparties dans 329 boîtes d'archives, 3 mallettes, 7 boîtes à fiches et une quinzaine de cartons de vrac.

Ce fonds est constitué des notes, des retranscriptions d'entretien et des travaux de recherche, des écrits, des cours, des enquêtes sociologiques et dossiers thématiques élaborés par Abdelmalek Sayad, tout au long de sa carrière de sociologue de l'immigration et d'enseignant. Il se compose également de correspondance échangée avec des chercheurs, des étudiants, des universités, des groupes et centres de recherche, en France comme à l'étranger (en particulier l'Algérie, la Suisse et le Brésil). Dans la plupart des dossiers figurent des travaux universitaires (mémoires, thèses) et des études commanditées par les pouvoirs publics ou par des centres de recherche et des réponses à des appels d'offre. Cette documentation doit être considérée comme partie intégrante du fonds, dans la mesure où la plupart est annotée ou s'inscrit dans des dossiers plus larges.

Les archives contenues dans ce fonds témoignent aussi de l'engagement d'A. Sayad dans la vie associative, notamment auprès d'ABRIDA (Association berbère de recherche, d'information, de documentation et d'animation) ou auprès d'Inter-migrants pour qui il a animé une émission à la Maison de la Radio.

Quatre-vingt-quinze pour cent du fonds sont composés d'archives papier, le reste étant constitué de documents iconographiques ou sonores.

Les documents les plus anciens datent des années 1960, époque à laquelle A. Sayad suivait les cours à l'université d'Alger, où il fait la connaissance de Pierre Bourdieu. A cet égard, il faut souligner que nombre de documents concernent la collaboration entre ces deux sociologues. Le fonds comporte quelques documents antérieurs aux années 1960, collectés par A. Sayad au cours de ses recherches : registres de logeurs et d'hôteliers de la ville de Puteaux (années 1940), reproductions d'ouvrages rares. Enfin, les documents les plus récents, postérieurs à la mort d'A. Sayad, ont été réunis par Rebecca Sayad, à l'occasion d'hommages et de rééditions.

Les thèmes centraux de ce fonds reflètent, bien évidemment, les sujets qu'A. Sayad a développés dans ses publications, les premiers ayant servis à l'élaboration des seconds. Citons pour mémoire : population algérienne, conditions sociales en Algérie, émigration algérienne, logement (bidonvilles, foyers, …), racisme, nationalité, exil, enseignement, altérité, etc.

Scifo, Katia (fonds d'archives)

2004-2006  

Le fonds de Katia Scifo comprend 55 émissions enregistrées pour la radio (reportages, interviews) auprès de 38 particuliers ou organismes, entre 2005 et 2006. Deux types d'émissions sont représentés : d'un côté, les Epra, Échanges et productions radiophoniques Groupement d'intérêt Public favorisant l'intégration en France des populations issues de l'immigration et la lutte contre les discriminations. De l'autre côté, une émission hebdomadaire de 2003 à fin 2007 qui, en 2005, a pris le nom de Vigilants Ensemble. Cette dernière laissait la parole à des personnes engagées et éloignées du discours dominant ambiant ou bien à des actions militantes.

Simone Lellouche et Ahmed Othmani1963-2007 (fonds ouvert)

1959-2007  

Le fonds couvre une période qui correspond à des événements particulièrement importants : la fin de la guerre d'Algérie, la guerre israélo-arabe de juin 1967 avec ses répercussions dans tout le monde arabe, les mouvements étudiants en France comme dans d'autres pays en 1968.

Ainsi, par exemple, le 15 mars 1968, les étudiants organisent en Tunisie une journée d'action pour la libération de Mohamed Ben Jennet, étudiant condamné à 20 ans de travaux forcés à la suite des manifestations de juin 1967. Il s'en suit une répression féroce contre toute l'opposition : le Groupe d'études et d'action socialiste tunisien (GEAST ou groupe « Perspectives ») non reconnu, le Parti Communiste Tunisien et le Baath notamment.

Février 1972 correspond à une période de grande mobilisation pour les libertés en Tunisie. De décembre 1971 à juin 1972, la Tunisie connaît un mouvement démocratique sans précédent dans lequel s'engagent des milliers d'étudiants suivis par les lycéens et les ouvriers. Alors que le procès de Simone Lellouche commence le 1er février et qu'elle est expulsée de Tunisie le 5, l'UGET organise du 3 au 5 février 1972 un congrès extraordinaire pour une « UGET démocratique et représentative» à l'université de Tunis.

Le mouvement étudiant connaît une nouvelle répression, les arrestations sans jugement se succèdent durant de longs mois et de nombreux procès s'en suivent (1974, 1975…). En 1978, c'est le syndicat ouvrier tunisien (UGTT) qui connaît à son tour une violente répression.

Les documents n'ont pas été conservés de façon systématique durant toute la période couverte par le fonds. On ne trouve, par exemple, que quelques documents pour le début des années 1960. A partir de 1968, les documents sont davantage conservés mais le fonds reste lacunaire pour la période 1970-1971 tandis qu'il s'enrichit à nouveau à partir de février 1972.

Une partie importante du fonds est consacrée aux publications (militantes, politiques, presse quotidienne, presse gouvernementale) dont la variété fait sa richesse.

Une part essentielle de ces productions (tracts, affiches, revues, brochures, quelques photos et cassettes) est issue de l'opposition tunisienne du début des années 1960 aux années 1980, aussi bien depuis la France qu'en Tunisie. Certains documents provenaient, en effet, de Tunis pour être imprimés en France puis réacheminés vers la Tunisie.

On peut citer, par ailleurs, les collections des revues Perspectives Tunisiennes et El Amel Tounsi (Le Travailleur tunisien) qui s'avèrent presque complètes ainsi que les documents publiés par les divers comités de défense des prisonniers politiques tunisiens.

On trouve également plusieurs dossiers documentaires comportant plus particulièrement des numéros et coupures de presse de l'Agence de Presse Libération ayant précédé la création du journal Libération (1972-1973) et dont certaines parutions portent sur la Tunisie et sur l'immigration.

De nombreuses coupures de presse et numéros de journaux, principalement de la presse gouvernementale tunisienne, se trouvent également dans ce fonds.

Outre cette riche documentation rassemblée par Simone Lellouche, nous trouvons également traces de ses activités militantes et des relations qu'elle entretint avec son mari au cours de ses années d'emprisonnement et de lutte.

Les archives comportent, d'ailleurs, de nombreux documents relatifs aux affaires judiciaires, aux procès et aux prisonniers : informations et notes tapées à la machine sur les procès, affaires de 1968, 1972, 1973, 1975, 1978 avec les fiches des prisonniers, leurs cartes d'étudiants à l'université de Paris VIII-Vincennes, le budget et les dépenses pour les prisonniers, la liste des livres envoyés et reçus au bagne de Borj Erroumi (bibliothèque), des informations manuscrites et de la correspondance ; un texte non publié sur le bagne de Borj Erroumi, intitulé Les prisonniers politiques en Tunisie qui traite de l'affaire du complot de 1962 ; le sort des comploteurs, morts et survivants, écrit par des détenus dans les années 70 ; de nombreux tracts des comités de solidarité et de libération et la campagne pour la libération de tous les prisonniers politiques et syndicalistes fondée sur la publication, en avril 1979, du témoignage dans les Temps Modernes de Ahmed Ben Othman, alors détenu.

Société historique et littéraire polonaise - Bibliothèque polonaise de Paris (Paris, France) (fonds d'archives)

XIXe-XXe siècles  

La Bibliothèque possède des ouvrages, manuscrits, cartes, fonds d'archives privés, œuvres d'art et photographies de l'émigration polonaise en France aux XIXe et XXe siècles. Quatre ensembles muséographiques ont été constitués: le musée Adam Mickiewicz ouvert en 1930, le salon Frédéric Chopin, le musée Boleslas Biegas et la collection Camille Gronkowski à partir de 1955.

Soucieux de préserver le patrimoine culturel polonais à l'étranger, des émigrés polonais, ont légué, dès le début du XIXe siècle, des collections artistiques à la Bibliothèque: 163 estampes de Wladyslaw Zamoyski (1803-1868), 800 dessins et gravures du général Karol Kniaziewicz (1762-1842), 40 000 gravures de Maciej Wodzinski (17831848). Au XXe siècle, la richesse des dons ne tarit pas: collection personnelle du bibliophile et collectionneur Wladyslaw Dabrowski (1884-1970), tableaux, dessins et estampes du publiciste et homme politique Kazimierz Woznicki (1878-1949), du poète et peintre Jan Winczakiewicz (né en 1921), et de bien d'autres encore dont les conservateurs de la Bibliothèque.

À sa création, la Bibliothèque a également reçu de nombreux dons de manuscrits, papiers personnels, archives d'organismes issus de l'émigration, dons qui se poursuivent au XXe siècle.