Tariqâ Alawiya, confrérie Soufie et Cheikh Khaled Ben Tounès (fonds d'archives)

 

Ce fonds, qui couvre principalement le second vingtième siècle, témoigne plus particulièrement de la présence et de la diffusion en Europe de la spiritualité alawiya, participant ainsi à l'écriture de l'histoire de l'Islam en France et en Europe. Des photocopies de documents d'archives publiques et de périodiques anciens, réunies par les disciples de la confrérie dans un souci de recherches historiques, viennent combler les lacunes des archives des premières décennies que les vicissitudes du siècle ont fait disparaître. Toutefois, quelques originaux de courriers adressés à la confrérie par les autorités françaises en Algérie (gouvernement général de l'Algérie, préfectures d'Alger et d'Oran…) ont été conservés. Bien entendu, les archives présentées ici mériteraient d'être confrontées aux fonds conservés à la zaouia mère de Mostaganem, malheureusement lacunaires eux aussi suite à la saisie par les autorités algériennes en 1971.

Contrairement aux fonds papiers des années 1920-1940 qui font défaut, les premières photographies des Alawi en France datent de 1924, deux ans avant l'inauguration de la Mosquée de Paris.

Le premier ensemble de documents concerne les activités des cheikhs, depuis les années 1940, et la vie interne de la confrérie sous les différentes formes associatives et dénominations qu'elle prend en France des années 1960 à nos jours (Association confrérie Alawiya, Amis de l'Islam, AISA). Ces documents renseignent sur la tradition du voyage des cheikhs pour la diffusion de la spiritualité dans le monde. L'enseignement soufie occupe une large place dans le fonds, des Mudhakara et messages adressés par les cheikhs aux disciples jusqu'aux cours dispensés par l'Association Les amis de l'Islam ou aux publications de la confrérie. Les archives témoignent également de l'intérêt de la tarîqa depuis ses origines pour le dialogue interreligieux et l'ouverture au monde. Depuis les années 1980, sous l'impulsion du cheikh Bentounès, une attention particulière a été portée à la place de la femme dans l'Islam par le biais de séminaires, conférences et réflexions, dont les textes se retrouvent dans le fonds. Ce dernier reflète également le rôle, depuis une quinzaine d'années, du cheikh dans la vie publique nationale et internationale en tant que représentant d'une voie de l'Islam en France : par exemple son partenariat avec l'UNESCO ou sa participation à la mise en place du Conseil français du culte musulman. Les actions de co-développement, particulièrement à destination de l'Afrique, sont aussi au cœur des préoccupations de la confrérie.

L'alliance entre tradition et modernité qui caractérise la confrérie se retrouve dans les documents relatifs à l'élaboration de bases de données islamiques dès les années 1980 et à la création des instituts Alif dans le monde, instituts de recherche et d'enseignement dans le domaine des cultures et des civilisations de l'Islam par l'informatique.

Par ailleurs, l'ouverture vers la jeunesse occupe une place essentielle au sein de la tarîqa, comme en atteste les documents sur les colonies de vacances Alif, les séminaires pour les jeunes et surtout les archives du mouvement des Scouts musulmans de France créé en 1991 par le cheikh Khaled Bentounès.

Enfin, les activités culturelles réalisées par la confrérie ont donné lieu à la collecte de documents, d'ouvrages et d'images historiques sous la forme de reproductions ou d'originaux. Par exemple, la préparation de l'Exposition sur l'émir Abd el-Kader, présentée dans le monde entier, a permis la constitution d'une riche collection de manuscrits, recueils et documentation. Parmi les autres originalités du fonds, signalons les photocopies de la correspondance du roi du Maroc Mohammed V, en exil à Madagascar, avec Monsieur Flandrin, photographe honoraire de la famille royale à Casablanca.

Le second ensemble de documents, pour l'essentiel conservé à Villejuif, se compose de photographies, ektas et diapositives et de documents audiovisuels. Les photographies donnent à voir l'histoire de la confrérie et des adeptes à travers le monde ; en effet, elles proviennent non seulement des photographes de la confrérie chargés de suivre les conférences du cheikh, les rencontres spirituelles, les temps forts de la tarîqa ou des scouts musulmans de France, mais aussi des disciples qui envoient des photographies relatives aux activités de la confrérie dans leurs régions.

Le patrimoine sonore et audiovisuel, produit et réalisé par la société « lemessage.com » pour la période la plus récente, comprend, d'une part, des enregistrements de musique sacré et de chants soufis, de témoignages de fuqarâ et d'émissions radios auxquelles a participé le cheikh et, d'autre part, des films des conférences du cheikh, des activités de la Tarîqa ou des scouts musulmans…

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Groupe Manouchian (FTP-MOI) (1943-1944)

1943-1944  

Le groupe Manouchian, du nom de son dirigeant Missak Manouchian, fait partie du mouvement de résistance des Francs-tireurs et partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI). Situé à Paris, il se compose de trois Français et de vingt étrangers dont des Espagnols, des Italiens, des Arméniens et des Juifs d'Europe centrale et de l'Est. Le groupe Manouchian met en place de nombreuses actions de destruction à l'encontre des représentants des forces de l'ordre nazies. L'une de leurs actions la plus connue est l'assassinat par Marcel Rayman, Léo Kneler, Spartaco Fontano et Celestino Alfonso le 28 novembre 1943 du général SS Julius Ritter. Ce général supervisait les réquisitions d'ouvriers français pour l'industrie allemande par le biais du Service du travail obligatoire (STO). Les membres du groupe Manouchian seront arrêtés en novembre 1943 par la Brigade spéciale n°2 des renseignements généraux et jugés du 15 au 18 février 1944 devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris. A cette occasion, les organes de presse collaborationnistes seront conviés afin de donner une tournure spectaculaire à cet événement. L'Affiche rouge représentant dix de ces résistants accompagnés de la mention « Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime ! » sera placardée à quinze mille exemplaires dans Paris et dans certaines grandes villes françaises. Le 21 février 1944, les vingt-deux hommes du groupe seront fusillés au Mont-Valérien. Olga Bancic, seule femme du groupe, sera quant à elle décapitée le 10 mai 1944 à Stuggart.

Comité de coordination des foyers Sonacotra en lutte (CCFSL) (collection numérisée de périodiques)

1976-1978  

La Sonacotral, SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRavailleurs ALgériens, a été créée en 1956, pour répondre à deux problèmes. Le premier était celui de la construction et de la gestion de foyers pour les travailleurs migrants. Le second était celui de la résorption des bidonvilles. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, l'organisme deviendra la Sonacotra, SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs.

A partir de 1975, une « grève des loyers » débuta au foyer Romain-Rolland de Saint-Denis. Elle se propagera en 1976 à l'ensemble de la région parisienne puis aux autres régions françaises. Protestant contre la hausse généralisée des loyers qu'ils jugent alors indécentes en comparaison avec la qualité de vie qu'offrent ces foyers, les résidents grévistes dénoncent également l'état de délabrement précoce des structures ainsi que les méthodes de répression utilisées contre leur mouvement, comme les recours auprès des ambassades de leurs pays d'origine et les expulsions du territoire français.

Pour les rédacteurs du Bulletin d'information des foyers Sonacotra en lutte, l'objectif était double. D'une part, il fallait pouvoir informer les grévistes ainsi que les personnes soutenant leur action des différents évènements mis en place dans le cadre de ce conflit social. D'autre part, il fallait pouvoir faire face aux « informations mensongères et calomnieuses »[1] de la Sonacotra et de ses alliés.

Témoignage sur les conditions de vie dans les foyers de travailleurs immigrés en France, ce périodique offre un point de vue sur un conflit qui a opposé pendant cinq années les occupants et les gérants de ces structures. On note sur chaque publication, en haut à gauche, l'inscription du nombre de mois de grève écoulé. Le conflit s'est achevé en 1980. Durant les années 1990, les foyers de la Sonacotra feront l'objet d'un plan de réhabilitation et le champ de ses compétences s'élargit : il s'agit alors plus de réinsertion par le logement. En 2007, la société change de nom et devient Adoma.

[1] Bulletin d'information des foyers Sonocotra en lutte n°1, p.1, [1977], Paris.

Tribune algérienne : Pour la constituante algérienne. / Militants Trotskystes Algériens pour la Reconstruction de la IVe Internatioanle ; Comité de liaison des trotskystes algériens. Paris1974-1980

 

Bulletin d'information et de discussion du Comité de liaison des trotskystes algériens sur la ligne de la constiuant algérienne. Son sous-titre évolueet devient « Constituante souveraine ! Libertés démocratiques ! » à partir du numéro 5 (avril 1976).

Contexte :
Publications des Militants trotskystes algériens pour la reconstructionde la IVe Internationale puis du Comité de Liaison des trotskystes algériens.