Les dossiers de l'écran

1970-1989  

Magazine de société crée par Armand Jammot, composé de débats, reportages et projections de films.

L'émission du 14 janvier 1970, intitulée "Les Travailleurs étrangers en France", intervient après un fait divers tragique, la mort par asphyxie de cinq ouvriers africains dans un foyer d'Aubervilliers, durant la nuit du 1er au 2 janvier 1970, qui a sensibilisé l'opinion publique sur les conditions de vie des travailleurs immigrés en France. Et parallèlement sur leur importance économique. Selon l'historien Yvan Gastaut, qui analyse ce débat dans l'article "L'irruption du thème de l'immigration dans les médias", cet événement sera le premier à être aussi fortement médiatisé, concernant l'immigration en France.

Après diffusion du film Le chemin de l'espérance de Pietro Germi, retraçant l'aventure d'un groupe de Siciliens en route pour la France, un débat est engagé et animé par Alain Jérôme, entre : Francis Bouygues, entrepreneur de travaux publics dont l'entreprise emploie 80% de main d'oeuvre étrangère sur les chantiers, Guy de Peslouan, délégué général de la Fédération parisienne du Bâtiment, gérant de foyers d'immigrés, Madame Banine auteur de La France étrangère, Michel Massenet, directeur de l'immigration au ministère des affaires sociales, deux militants en charge de cette question à la CGT et CFDT et six travailleurs émigrés, employés du bâtiment ou de la métallurgie.

Sur la même thématique, on peut trouver d'autres Dossiers de l'écran : le 22 mars 1977, "Si demain votre fille" sur les mariages mixtes ; le 17 mai 1977 sur les Harkis ; le 21 novembre 1978 sur les difficultés rencontrées par les travailleurs immigrés et leurs familles en France : injustice, racisme, exploitation... ; le 20 octobre 1981 avec un débat axé sur le racisme et le 3 novembre 1987 sur les Français d'origine maghrébine dits "beurs".

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4 médias

Hanifa

1960-1990  

Hanifa ou Hnifa de son vrai nom Zoubida Ighil Larbaâ, est aussi surnommée la "Edith Piaf" de la chanson kabyle à cause des thèmes abordés dans son répertoire.

Née le 4 avril 1924 à Ighil M'henni dans la région de Tizi Ouzoui en Kabylie, elle passe une enfance traditionnelle jusqu'à son premier mariage en 1939. Mariée contre son grès à un homme plus âgé, elle s'enfuit. Après un second mariage infructueux, elle s'installe à Alger en compagnie de sa fille partageant son logement avec Chérifa, l'autre pionnière de la chanson kabyle féminine. Cette dernière l'encourage à intégrer Radio Alger. Elle est alors remarquée par le chanteur Cheikh Noureddine autre grande figure de l'immigration qui la recrute en 1952. Elle intègre la chorale de la RTF et participe aux ELAK (Emissions de langues arabe et kabyle de la radio d'Alger) destinées aux indigènes de l'Algérie coloniale. Elle commence à enregistrer ses premiers 45 tours chez Pathé Marconi en 1953 avec notamment Allah Yarabi Faradj (Dieu nous guidera). Après plusieurs années à la radio et un mariage infructueux, elle émigre en pleine guerre d'Algérie pour Paris à l'occasion d'une série d'enregistrements pour la maison de disques Teppaz où elle rencontre le compositeur Kamel Hamadi. Leur duo Yidem Yidem (Avec toi avec toi) (1959) rencontre alors un grand succès tant auprès de l'immigration en France qu'en Algérie. Comme beaucoup d'artistes de l'immigration, elle anime les soirées communautaires des galas et cafés, en compagnie notamment de Cheikh Nordine, Noura, Taleb Rabah et Bahia Farah. En 1962, elle choisit de rentrer en Algérie pour participer à la reconstruction nationale. Elle revient s'installer en France en 1975 et poursuit ses tours de chant. Elle donne son dernier concert en novembre 1978 à la Mutualité de Paris. Elle s'éteint à Paris le 23 décembre 1981 .

Les thèmes de prédilection de son répertoire sont l'amour, la douleur de l'exil et la nostalgie du pays.

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6 médias

Cherif Kheddam

1960-1990  

Chérif Kheddam est né à Bou Messaoud en Algérie en 1927. Après un passage à Alger, il s'installe en France en 1947. Fondeur dans région parisienne, il prend des cours de musique et fréquente la vie culturelle maghrébine. Il exerce la musique traditionnelle dans les cafés communautaires. En 1954, il décide de se produire seul et sort en 1955 de manière anonyme son premier 78 tours qu'il compose et interprète : Yellis Tmurthiw. Ce disque remporte un franc succès. Madame Dauviat, célèbre disquaire de musique orientale, l'encourage à se présenter à Sid Ahmed Hachelaf, responsable du département arabe chez Pathé Marconi. Au luth, au piano, à la mandole ou à l'harmonie, il accompagne par la suite des artistes comme Mohamed Jamoussi ou Amraoui Missoum. Il est reconnu pour avoir modernisé la chanson Kabyle en y introduisant des rythmes latino-américains ou de la musique classique occidentale. Ces textes modernes sont ceux d'un artiste engagé décrivant le quotidien des algériens immigrés en France. En 1963, avant de rentrer en Algérie, il compose son plus grand succès Alemri (O miroir). Il occupe par la suite un poste de conseiller au sein de la Radio Télévision Algérienne. Il découvre en 1965 la jeune chanteuse Noura dont il sera le Pygmalion, il lui écrit alors des chansons qui lui permettront de connaître le succès. Il fait son retour après 1975 grâce à Sid aahmed Hachelaf. En 1996, il remplit le Palais des congrès à Paris pour ses 50 ans de carrière.