Mémoires du réseau associatif espagnol en régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur

2012  

Présentation des témoins de la campagne de la région Rhône-Alpes

Entretiens réalisés par Maëlle Maugendre et Aurélie Denoyer.

Sur les 21 personnes engagées dans le mouvement associatif en Rhône-Alpes, 18 ont, suite aux entretiens téléphoniques, accepté de livrer leur témoignage. De ce fait, seulement 15 personnes, représentant douze associations, ont pu faire le déplacement. Les entretiens ont eu lieu à Villeurbanne au siège de la fédération régionale de la FACEEF, haut lieu de lutte des associations espagnoles pour faire reconnaître leur présence dans la région et leur importance sociale auprès des autorités espagnoles.

La plupart des associations ont vu le jour dans les années 1960 et 1970, période à laquelle sont arrivés également une grande partie des Espagnols que nous avons pu interroger. Il n'est pas à douter que la création d'un réseau associatif dans la région Rhône-Alpes a accompagné la migration espagnole dite "économique" dans cette même région.

Les 15 témoins espagnols interviewés sont tous venus en France durant la décennie 1960-1970 et étaient soit des enfants accompagnant leurs parents, soit de jeunes adultes à la recherche d'une meilleure situation professionnelle. Nombreux sont ceux qui percevaient alors la France comme un eldorado où ils pourraient faire des économies avant de rentrer, trois ou quatre années plus tard, dans leur pays. La majorité a franchi la frontière munie d'un visa touristique, avant d'être régularisée après l'obtention d'un travail. Pour la totalité, cette migration, qui dans un premier temps devait être provisoire, s'est avérée définitive.

Si la motivation première était, pour la plupart, économique, la migration est bien souvent également politique. Parmi les 15 témoins qui ont été filmés, 5 signalent l'engagement républicain de leurs parents pendant la Guerre d'Espagne, et les conséquences que cela a pu avoir sur leur famille (première émigration au Maghreb par exemple, exil en France pour d'autres). Saluant la liberté d'expression française alors réprimée en Espagne nombre de ces émigrés espagnols ont choisi de profiter de ce droit et se sont engagés dans le milieu associatif espagnol en France et, parfois, dans les partis politiques et notamment au sein du Parti communiste espagnol en exil. Pour certains, cet engagement est antérieur à leur migration, et explique en partie celle-ci, pour d'autres, il date de leur arrivée en France et coïncide avec leur fréquentation des milieux associatifs espagnols émigrés. En l'occurrence, sur les 15 personnes interviewées, 10 ont milité ou militent dans des organisations de gauche (principalement communistes).

Présentation des témoins de la campagne de la région PACA

Entretiens réalisés par Federica Luzi et Éva Léger.

La campagne de Marseille a permis de recueillir la parole de 13 personnes, pour la plupart des émigrés dits "économiques". Seulement quatre femmes figurent parmi les témoins, ce qui ne reflète pas le caractère familial et mixte des associations de la région PACA. Deux d'entre elles sont de la deuxième génération.

L'association représentée la plus ancienne est le Cercle Català, créé en 1918, dont Francesc Panyella, son président depuis 1981, a décrit les nombreuses activités fortement imprégnées par l'histoire de l'Espagne, la culture et la lutte antifranquiste. La plupart des personnes interrogées ont adhéré, plus jeunes, au Cercle Català de Marseille où ils ont côtoyé des réfugiés politiques.

Dans les années 1970, l'envie est née pour les émigrés espagnols de créer un centre où ils pouvaient se réunir, transmettre la langue et la culture espagnoles à leurs enfants, d'où la naissance du Centro Español en 1978. Trois autres associations espagnoles sont représentées à travers ces témoins : le Hogar Español d'Aubagne, aujourd'hui disparu, représenté par José Lozano Tamarit; le Centro Andaluz de Marseille, association interne au Centro Español et la Casa regional de la Cultura de Castilla-la-Mancha, créée en 2004 à Châteaurenard.

Ces divers témoignages nous renseignent sur la complexité du réseau associatif en région PACA, les difficultés rencontrées par les migrants et notamment les militants politiques - pour créer des espaces associatifs d'échanges et de transmission.

En effet, l'influence de l'expérience des réfugiés politiques espagnols et des batailles politiques qu'ils ont menées est importante dans l'imaginaire que les interviewés ont des luttes. De plus, l'engagement politique individuel des interviewés semble déterminer clairement la façon dont les témoins pensent leur engagement associatif.

Ces récits rendent compte donc de l'investissement de chacun dans ces associations qui, pour la plupart, sont confrontées au problème du vieillissement des membres.

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37 médias

n°14 (3ème trimestre 1980) : Abdellatif Derkaoui, Peinture (lettre de prison)

juillet-septembre 1980  

Ce numéro présente une lettre d'Abdellatif Derkaoui. Cette lettre est destinée à accompagnée ses oeuvres dans le cadre de l'exposition "peinture de prison" qui s'est tenue dans différentes ville de France cette même année. Dans cette lettre, il exprime la nécessité des expressions artistiques comme la peinture pour dénoncer et résister à la torture. Ce numéro contient aussi le compte-rendu de son procès.

Contexte :
Actuels : écriture, théâtre, peinture. FrangyLes Hauts de JersaigneLyonEd. Jean de Breyne.1966-0

Les Ritals

1991  

Fiction adaptée du roman autobiographique du même nom de François Cavanna. Marcel Bluwal, un des plus grands noms de la télévision et fils d'immigrés, a été attiré par cette histoire qui fait écho à la sienne. L'action se déroule dans la France des années 1930 autour de l'arrivée d'immigrés italiens dans la banlieue est-parisienne, à Nogent-sur-Marne. Cette fiction historique d'ampleur a été récompensée par deux prix (trois nominations aux Sept d'or).

Contexte :
Télévision > a011428670378JUlSZY

Complément d'enquête

2002-2013  

Magazine d'information bi-mensuel puis hebdomadaire présenté par Benoit Duquesne. Il se compose de reportages et d'entretiens avec des invités en plateau ou à l'extérieur. Sur l'immigration, on trouve des sujets sur la France en crise suite au 21 avril 2002 qui a vu Jean-Marie Le Pen accéder au second tour des élections présidentielles (2002) ; sur la communauté juive en France (2004) ; sur "La France veut-elle encore des immigrés ?" (2006) avec en invités des immigrés maliens et ivoiriens, Georges Othily, président de la commission d'enquête sénatoriale sur l'immigration, Julien Dray, né en Algérie et porte-parole du Parti socialiste et Aziz Senni, chef d'entreprise, auteur de L'ascenseur social est en panne, j'ai pris l'escalier (L'Archipel). Cette émission de 2006 propose en alternance des reportages sur des Chinois qui investissent dans des commerces parisiens, sur des foyers de Maliens en banlieue parisienne, sur une famille vietnamienne qui décide de rentrer au Viêt Nam et sur la situation des chibanis (des retraités maghrébins célibataires venus en France dans les années 1960) à Marseille. Après l'élection présidentielle de 2007, on trouve des sujets sur la société française après la victoire de Nicolas Sarkozy, sur les polémiques liées à la politique de l'immigration à l'été 2010, sur la tentation de l'extrême-droite pour la présidentielle de 2012 (2011) et sur "Manuel Valls l'affranchi" (2013).

Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) : « Vivre en France-Formation Civique »

2005-2006  

L'ANAEM indique sur son site en décembre 2007 : « Lorsqu'un étranger souhaite séjourner durablement en France pour la première fois, il doit obligatoirement signer un « Contrat d'Accueil et d'Intégration » (CAI). Première étape : une ½ journée sur une plate-forme de l'ANAEM. Premier rendez-vous : une réunion collective avec notamment la projection du film « Vivre ensemble, en France », d'une durée de 16 minutes.

L'objectif du film est double. Tout d'abord, présenter aux nouveaux arrivants les valeurs fondamentales de la République française et les droits et les devoirs de chaque citoyen (égalité homme-femme, laïcité, dignité de la personne humaine, droits de l'homme). Ensuite, expliquer le fonctionnement du CAI et l'obligation faite à chaque immigré de le respecter afin d'obtenir le renouvellement de sa carte de séjour ou la délivrance de sa première carte de résident ».