Apostrophes

1982-1989  

Magazine hebdomadaire littéraire présenté par Bernard Pivot. Dans le cadre de l'immigration, l'émission propose des débats littéraires entre des exilés, des déracinés, des auteurs étrangers résidant en France et rédigeant en français, des naturalisés : Eduardo Arroyo, Azouz Begag (Béni ou le paradis privé), Nina Berberova (C'est moi qui souligne), Carol Bernstein (Le rival invincible), Mongo Beti (Les deux mères de Guillaume Ismaël Dzewatama, futur camionneur), Alain Bosquet (L'Enfant que tu étais), Azzédine Bounemeur (Les bandits de l'Atlas), François Cavanna (L'Oeil du lapin), Mehdi Charef (Le thé au harem d'Archi Hamed), Ya Ding, Afsaneh Eghbal (L'Espèce errante), Michel Fabre (La rive noire. De Harlem à la Seine), Roger Grenier (Il te faudra quitter Florence), Gustaw Herling (Un Monde à part, présenté dans l'émission par Constantin Jelenski, écrivain polonais), Vénus Khoury-Ghata (Vacarme pour une lune morte), Julia Kristeva (Etrangers à nous-mêmes), Yves Lequin (La mosaïque France), Yves Meaudre (France terre d'exil), Jacques Roth, Dimitri Savitski (Valse pour K), Jorge Semprun (L'Algarabie), Mustapha Tlili (Gloire des sables), Tzvetan Todorov (Nous et les autres), Michel Tournier (La Goutte d'or), Henri Troyat (Le Pain de l'étranger, La gouvernante française), Fred Ulhman (Il fait beau à Paris aujourd'hui).

Immigration en questions

vendredi 08 décembre 1989  

Grand débat-événement d'actualité présenté par Patrick Poivre d'Arvor et qui oppose Bernard Tapie (majorité présidentielle) à Jean-Marie le Pen, président du Front national, sur le thème, brûlant à ce moment-là, de l'immigration. En plus de ces deux hommes politiques, un panel de sept personnes, représentatif de la France est présent sur le plateau : un chirurgien immigré ayant obtenu la nationalité française par mariage et devenu maire-adjoint de la ville de Roubaix ; un électeur de la ville de Dreux où le Front national a obtenu de très bons scores électoraux ; un rapatrié d'Algérie ; un immigré ouvrier au chômage qui n'arrive pas à obtenir la nationalité française ; le porte-parole d'une association qui lutte contre la création d'une mosquée à Lyon ; le proviseur d'un lycée de banlieue parisienne où les jeunes immigrés sont présents à hauteur de 60% et un parent d'élèves qui a scolarisé ses enfants dans une institution privée pour leur éviter le contact avec les enfants d'immigrés. A l'origine, les principaux leaders de la majorité au pouvoir (François Léotard, Alain Juppé, Pierre Mauroy, Georges Marchais, Pierre Méhaignerie) étaient prévus comme invités mais lorsqu'ils ont appris que Jean-Marie le Pen devait y participer, ils ont tous annulé et c'est Bernard Tapie qui s'est présenté.

L'émission alterne les échanges en plateau (avec en arrière-plan un paysage de village où trône un clocher d'église mais aussi une jeune fille voilée) et les reportages qui suscitent des réactions. Le plateau est petit, austère, les participants sont proches les uns des autres, Jean-Marie le Pen et Bernard Tapie étant sur des chaises hautes avec Patrick Poivre d'Arvor. Les reportages concernent tour à tour les chiffres de l'immigration, l'immigration clandestine, l'impact des immigrés sur l'économie, la question du foulard islamique, de l'intégration par l'école pour les enfants immigrés, les crispations autour de la construction d'une mosquée à Marseille, la communauté turque de Saint-Dié (Vosges), la relation entre délinquance et immigration, les droits et les devoirs des immigrés et enfin l'apport culturel, artistique et sportif des immigrés à travers quelques figures comme Alain Mimoun, Isabelle Adjani ou encore Tahar Ben Jelloun.

Contexte :
Télévision > Emissions spéciales

Collectif 12 millions d'immigrés (collection numérisée de périodiques)

1973  

Cette publication a pour particularité d'avoir été composée collectivement par des groupes d'ouvriers immigrés répartis dans différentes usines connaissant alors des mouvements sociaux. Cette tribune réalisée par les travailleurs eux-mêmes, atteste à la fois des conflits en lien avec les luttes des employés immigrés, et des tensions sociales dues aux premières conséquences économiques du premier choc pétrolier de 1973, qui annonce la fin de la période de plein emploi connue alors depuis les années 1950.

Outre le caractère convergent qui souhaitait être donné aux luttes, symboliquement appuyé par l'alternance du rouge et du noir pour l'impression des textes, on note également l'ambition transnationale qui imprégnait cette publication. D'une part, ces organisations ouvrières étaient actives dans différentes usines d'Europe, comme celle de Renault-Billancourt ou l'usine de Ford de Cologne, alors située en République Fédérale Allemande. D'autre part les langues utilisées pour la rédaction sont éclectiques français, arabe et portugais. On peut toutes fois nuancer ce propos en signalant que la plupart des lieux de travail cités sont en France, et que le seul autre article évoquant des usines à l'étranger traite de l'Allemagne.

Ce numéro est le seul de 12 millions d'immigrés : feuille de lutte.

La Voix du travailleur algérien / Fédération de France de l'Union des syndicats des travailleurs algériens. Paris1957-1962

 

Organe de la Fédération de France de l'USTA, La Voix du Travailleur traite de la situation des travailleurs, du syndicalisme et de l'économie algérienne ainsi que celle des émigrés algériens en France. Dans son premier éditorial, le journal se revendique comme attaché à la personne de Messali Hadj, tout en affirmant son indépendance politique. Le journal fournit de nombreuses informations sur l'organisation syndicale, les conditions de vie et de travail des travailleurs algériens immigrés en France.

La Voix du Travailleur algérien paraît tout d'abord mensuellement dans sa première année. Après la décimation du bureau de l'USTA par le FLN en décembre 1957, la parution paraît plus difficilement. Le n°8 de janvier 1958 est réduit à quatre pages et à une photographie. Par la suite, son redressement est difficile, le journal paraît en février à avril 1958 puis de manière plus espacée. A partir de mai 1958, le journal ne paraît qu'une à deux fois par ans (4 numéros pour l'année 1959, puis respectivement un numéro pour les années 1960, 1961et 1962). Sa parution correspond alors à des temps forts de la vie syndicale, ses numéros se limitent essentiellement au mois de mai pour faire un bilan des mobilisations de l'USTA du premier mai.

Dimanche +

2006-2013  

Magazine hebdomadaire sur l'actualité politique, d'abord présenté par Laurence Ferrari puis par Anne-Sophie Lapix. L'émission est apparue dans le contexte de la campagne présidentielle de 2007. Elle alterne interviews d'invités en plateau, enquêtes et reportages, avec des rubriques récurrentes. Parmi les invités, on retient les figures emblématiques de la diversité, apparues avec la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy en 2007 après sa victoire aux élections présidentielles : Fadela Amara (2007, 2009), Rama Yade (2007, 2009) et Rachida Dati (2010) ; mais également les deux ministres de l'immigration, Brice Hortefeux et Eric Besson (2008-2010). Parmi les sujets directement liés à la question de l'immigration, on trouve les débats autour du délit de solidarité en 2009, la polémique sur l'expulsion des Roms à l'été 2010 et celle concernant la circulaire de Claude Guéant sur les étudiants étrangers (2011).

Synergie

1990-1998  

Emission quotidienne d'entretiens avec différentes personnalités issues de la politique, des médias et des arts et présentée par Jean-Luc Hees. L'émission commence avec un éditorial de Jean-Luc Hees sur l'actualité. Puis a lieu l'entretien avec l'invité qui parle de sa propre actualité, de ses projets et Suvres. Enfin, l'émission se conclut avec une chronique liée à un jour fixe (écologie le lundi, cinéma le vendredi, etc). Parmi les invités de l'émission, on peut trouver, entre autres, Harlem Désir, fondateur de SOS Racisme ; Souad Amidou, actrice d'origine marocaine (1990) ; Mikhail Rudy, pianiste d'origine russe (1991) ; Kofi Yamgnane, secrétaire d'Etat à l'intégration de 1991 à 1993 (1992, 1996) ; Luis Rego, acteur d'origine portugaise (1996) ; Nilda Fernández, musicien espagnol, Yamina Benguigui (1997) ; Azouz Begag et Mohamed Fellag (1998).

Amicale des Algériens en Europe (collection numérisée de périodiques)

1982-1985  

L'Amicale des Algériens éditait depuis 1962 une revue appellée L'Algérien en Europe. Lors de la X assemblée générale de l'association est décidée une refonte du journal, qui devient ainsi La Semaine de l'émigration. Le constat est que la situation a bien évolué depuis l'indépendance de l'Algérie, que vingt ans ont passé ainsi que les questions posées par l'émigration algérienne. Celle-ci est devenue beaucoup plus familliale, alors qu'elle était auparavant individuelle. De plus "Un régime de gauche arrive au pouvoir"[1].

Les nouveaux objectifs de la Semaine de l'émigration ont été de "sensibiliser [la] communauté aux problèmes de la réinsertion", "de donner "aux travailleurs immigrés une meilleure connaissance des conditions de la réinsertion"[2], et de "continuer la défense des droits des émigrés"[3].

[1], [2] et [3] : L'amicale des Algériens en Europe, La Semaine de l'émigration, n°1, p.3, 1982.

L'heure de vérité

1983-1995  

Magazine hebdomadaire d'actualités présenté par François-Henri de Virieu. Chaque semaine, il reçoit une ou deux personnalité(s) politique(s) qui est (sont) interrogée(s) par trois journalistes sur l'actualité politique. Autour de la thématique de l'immigration, on retrouve à plusieurs reprises Jean-Marie Le Pen, fondateur et président du Front national (sept fois), Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur (six fois), Raymond Barre, économiste (trois fois). L'émission a reçu quelques personnalités étrangères ou qui ne font pas partie du personnel politique français comme le roi du Maroc Hassan II, en direct du palais royal de Rabat (1989), le chancelier allemand Helmut Kohl dans une émission délocalisée à Bonn ainsi que Sid Ahmed Ghozali, premier ministre d'Algérie (1991), Abdou Diouf, président du Sénégal et Rony Brauman, président de Médecins sans Frontières (1992), Edgar Morin, sociologue et l'abbé Pierre (1993), Henri d'Orléans, comte de Paris, prétendant au trône de France (1994).