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Quartier russe des Abbesses (Gagny, Seine-Saint-Denis ; Chelles, Seine-et-Marne)

  • Date :

    1917-1945

    1926

  • Notice historique :

    La Révolution russe de 1917, la guerre civile en Russie de 1918 à 1921 et l'avènement du régime soviétique provoquent le départ de plus d'un million de Russes qui se réfugient dans les pays limitrophes et en Europe de l'Ouest. Dans la période de reconstruction économique de l'après Première Guerre mondiale, la France attire une main-d'Suvre étrangère et devient l'un des principaux pays d'accueil de cet exil venu de l'ancien empire tsariste. La région parisienne attire en particulier de nombreux migrants et Paris, surtout les 15e et 16e arrondissements, devient la capitale mondiale de l'émigration russe. Des communautés se constituent aussi dans la banlieue, à Vanves, Boulogne-Billancourt, Montrouge, Levallois ou Asnières. Certains lieux sont encore aujourd'hui emblématiques de cette histoire comme le cimetière russe de Sainte-Geneviève des Bois (Essonne) ou la maison russe de repos de Rozay-en-Brie (Seine-et-Marne). Malgré la prédominance des Russes blancs, qui s'opposent à la révolution, les immigrés russes forment une population très hétérogène : militaires, aristocrates, fonctionnaires, enseignants, opposants ou dissidents politiques entament une nouvelle vie en France. D'après le recensement de 1931, ils constituent une population de 82 900 personnes, mais en réalité sûrement plus.

    Le quartier des Abbesses, à la lisière entre les communes de Gagny (Seine-Saint-Denis) et Chelles (Seine-et-Marne), attire de nombreux immigrés russes qui s'y installent dans l'entre-deux-guerres. En 1926, ce secteur boisé et marécageux à l'ouest de Chelles, un nouveau lotissement attire de nombreux ressortissants de l'Union soviétique, par le bouche à oreille et les dynamiques du réseau social. Parmi eux, plus de la moitié sont des cosaques, ces «paysans-soldats» mobilisés dans l'Armée blanche, pour la plupart originaires de la région de Kouban au Sud de la Russie. Ils travaillent à Paris durant la semaine et participent à la construction de leur maison, et du quartier, le dimanche. Dès 1930, au moins 40 familles résident dans le quartier des Abbesses, principalement avenue de la Pépinière, avenue des Champs et avenue Yvonne.

    En 1933, l'association cultuelle Saint Séraphin de Sarov, un des saints les plus populaires de l'Église orthodoxe russe, est constituée avec l'ambition de bâtir une église dans le quartier des Abbesses. Les églises orthodoxes constituent des lieux privilégiés de rassemblement de l'immigration russe comme l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et son église, dans le 19e arrondissement de Paris, la Cathédrale Saint Alexandre Newsky dans le 8e ou l'église russe de Champagne-sur-Seine. Le 1er novembre 1933, une église est inaugurée rue Sambre-et-Meuse à Gagny sur un terrain loué à l'association culturelle des Abbesses. En octobre 1934, l'école de la paroisse ouvre ses portes et accueille les enfants de l'émigration russe : des heures de religion, l'apprentissage de la langue, de la géographie et de l'histoire forment un enseignement original. En 1939, l'église est démontée brique par brique, pour être reconstruite au 23, avenue de l'Étoile d'Or, toujours à Gagny sur un autre terrain acheté par la paroisse.

    Ce terrain était coupé en deux par la limite communale et départementale entre la Seine-et-Marne et la Seine-et-Oise de l'époque. Constatant que la majorité des Russes résidaient sur Gagny, et du fait des droits d'octroi prélevés à l'époque pour le franchissement de cette limite départementale, notamment pour les enterrements, l'église fut reconstruite avec une seule modification: l'addition d'une porte latérale en Seine-et-Marne, l'entrée principale étant située en Seine-et-Oise.

    Reconstitution d'une «petite ville russe», le quartier des Abbesses voit fleurir les espaces de sociabilité : cafés, épiceries, maison de retraite, maison du combattant. Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre des Russes en France diminue progressivement. Les anciens émigrés se dispersent et déménagent ailleurs dans la région parisienne. Aujourd'hui, le quartier des Abbesses demeure un lieu encore vivace de la mémoire de l'immigration russe en France.

  • Sources complémentaires :

    Sources d'archives

    ●Archives départementales de Seine-et-Marne

    AD77, 1R878, Officiers russes résidant dans le département, recensement : instructions, correspondance, 1919-1920.

    AD77, M5586, Certificats d'identité des émigrés russes.

    AD77, M5954, Étrangers, réfugiés russes : demandes de certificats d'identité.

    AD77, M5143, Surveillance des citoyens soviétiques, réfugiés russes ayant acquis la nationalité soviétique.

    Iconographie:

    2Fi20867-20868, L'Église russe: cartes postales.

    ●Archives municipales de Gagny

    Registres des délibérations de l'Association syndicale des Abbesses.

    Iconographie:

    Photographies réalisées par le service d'Archives à l'occasion des 60 ans du Prompt secours (mai 2014).

    Cartes postales.

    ●Archives municipales de Chelles

    T13, Urbanisme - Demande de permis de construire n°1.131 du 19 juin 1933: demande d'autorisation de construire (27 mai 1933); courrier de l'architecte D. Tchistiakoff (20 mai 1933); plan dressé par l'architecte le 2 mai 1933, vu et approuvé par le conseil d'association de l'église russe (1933).

    Documentation, Presse locale, «Chelles d'hier et d'aujourd'hui: l'église russe» (1976).

    ●Association «Les Abbesses de Gagny-Chelles»

    Archives privées et iconographie.

  • Références :

    Bibliographie

    GOUSSEF Catherine, Immigrés russes en France 1900-1950. Contribution à l'histoire politique et sociale des réfugiés, Thèse d'histoire, Paris, EHESS, 1996, 636p.

    GOUSSEF Catherine, «Politique d'asile et politique d'accueil des réfugiés en France : le cas des Russes dans les années vingt», Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°44, 1997, pp.39-45.

    GOUSSEF Catherine, L'exil russe. La fabrique du réfugié apatride (1920-1939), Paris, CNRS, Éditions, 2008, 335p.

    KAPLAN Hélène, GOUSSEF, Catherine, «Presse et émigration russes en France», Aa. Vv. (dir.), France des étrangers, France des libertés. Presse et mémoire, Paris, Mémoire Génériques éditions, Éditions ouvrières, 1990, pp.161-165.

    NICKOLSKY Alexandre, «Les Russes à Chelles», Bulletin de la Société archéologique et historique de Chelles,n°10, 1989-1990.

    Webographie

    «Les abbesses de Gagny-Chelles» (consulté le 13 mai 2015).

    «De "l'Étoile Rouge" à "l'Étoile d'Or" ou l'histoire de la paroisse et de la communauté russe des Abbesses», 30 mai 2008 (consulté le 13 mai 2015).

  • Légende/crédits :

    Légendes des documents numériques associés

    Doc 1. Intérieur de l'Église russe à Chelles (Seine-et-Marne, France), Carte postale, 9x14, ca. 1930, Archives municipales de Chelles, Fi841.

    Doc 2. L'avenue de Sambre et Meuse et l'Église Russe à Chelles (Seine-et-Marne, France), Carte postale, 9x14, ca. 1930, Archives municipales de Chelles, Fi1492.

    Doc 3. Esquisse représentant la première église construite, Archives municipales de Gagny.

    Doc 4. Archives municipales de Gagny, Photo de l'église orthodoxe prise au mois de mai 2014 pour les 60 ans du prompt secours, Photographie numérique, 13x18, mai 2014, Archives municipales de Gagny.

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