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Quartier des Guilands (Bagnolet, Montreuil, Romainville ; Seine-Saint-Denis)

  • Date :

    Vers 1890

    Vers 1890-1970

  • Notice historique :

    L'actuel quartier des Guilands a constitué un carrefour de multiples migrations lié à l'histoire industrielle de Montreuil et à sa position aux portes de Paris. Dès le XVIe siècle, le terrain qui, aujourd'hui, abrite principalement un parc départemental et des grands-ensembles, était un lieu d'extraction du gypse, qui était ensuite transformé dans les plâtrières de Montreuil et de Bagnolet. À la fin du XIXe siècle, les plâtrières, qui emploient des centaines d'ouvriers, produisent un plâtre de haute qualité qui sert notamment à la construction des immeubles haussmanniens à Paris. En plus de l'extraction du gypse à partir de plusieurs sites d'exploitation, à ciel ouvert jusqu'à la Première Guerre mondiale puis en souterrain jusqu'aux années 1940, et des plâtrières, cet espace semi-rural accueille aussi, jusqu'à l'après Seconde Guerre mondiale des activités maraîchères et viticoles.

    Les premières ventes de terrains destinés à la construction d'habitations commencent au début du XXe siècle. Jusqu'alors, on trouve aux Guilands une population très pauvre composée principalement d'ouvriers mais aussi d'indigents qui vivent dans une grande pauvreté et occupent les lieux de façon précaire. Les riverains et les pouvoirs publics décident alors de mettre en vente des terrains afin de chasser ces populations et d'attirer de nouveaux habitants. Aux quelques artisans, commerçants et industriels qui s'installent dans le quartier, s'ajoutent, surtout dans les années 1920, des ouvriers et employés et toute une population modeste qui souhaite se rapprocher de leurs lieux de travail. Parmi cette population ouvrière, on trouve surtout des familles italiennes: au début des années 1930, entre 170 et 200 Italiens résident dans le secteur . Venues le plus souvent de la région du Frioul ou des environs de Parme,ils sont venus rejoindre des membres de leur famille et achètent des cabanons de maraichers reconvertis en habitations qui compose un bâti fragmenté. L'arrivée des Italiens aux Guilands contribue fortement à la croissance de la population italienne à Montreuil: de 1256 personnes en 1901, on passe à 6823 en 1926. La concentration italienne aux Guilands est suffisamment forte pour que le quartier prenne le surnom de «petite Italie» dont la vie communautaire se développe rapidement. Si les logements construits initialement sont de modestes et fragiles cabanons, le savoir-faire acquis dans l'industrie du bâtiment par les ouvriers italiens leur permet d'améliorer la qualité de leurs logements qui, au fur et à mesure, s'agrandissent afin de s'adapter aux nouvelles arrivées et aux naissances.

    À partir des années 1950, de nouvelles vagues d'habitants arrivent aux Guilands, dont une grande part d'étrangers: de nouvelles familles italiennes, des Français, des Yougoslaves et des Algériens participent au développement du quartier. Une des composantes importantes de la population des Guilands sont issues des mondes tsiganes. Des premiers groupes de Roms qui appartiennent pour certains au sous-groupe des Kalderash, parviennent à Montreuil dès les années 1920. Issus pour certains de la Roumanie d'aujourd'hui, du Caucase, de Russie et du territoire frontalier de la Galicie, les membres de ce groupe de culture romani (terme regroupant l'ensemble des langues parlées par les divers groupes des mondes tsiganes) appartiennent à un réseau de familles dont la présence est avérée dans la plupart d'Europe occidentale et dans les Amériques, dès la fin du XIXe siècle. Leur spécialisations professionnelles, dans les métiers de la chaudronnerie et de la réparation d'objets en métal ainsi que dans les métiers du spectacles itinérants, et leur codes vestimentaires particuliers leur confèrent une originalité qui les distinguent des autres groupes tsiganes d'Europe. Dans la région parisienne, leur résidence habituelle évoquée par de nombreux témoignages écrits ou visuels est celle de la Zone, cet espace périphérique délimité par les fortifications, où vient s'installer une population variée d'ouvriers, marchands itinérants et tsiganes, français ou étrangers. Au fur et à mesure de la destruction des fortifications, qui s'achève au début des années 1930, ces habitants se déplacent vers les communes avoisinantes et Montreuil notamment.

    Après l'arrivée des troupes allemandes en 1940, Montreuil devient aussi un refuge pour les groupes tsiganes qui vivent encore à Paris et nombre d'entre eux s'installent massivement à Montreuil, en particulier sur les contreforts de l'ancienne carrière des Guilands. Après 1945, des familles roms, qui avaient fui Paris pendant l'occupation allemande, reviennent dans la région et s'installent aux Guilands, dont notamment Matéo Maximoff, écrivain renommé et figure centrale des mondes tsiganes en France. La configuration des lieux attire les populations tsiganes qui trouvent là des terrains mixtes: anciens terrains agricoles, palissades et murs forment un maillage entre les habitations jointes à des terrains abandonnés ou des terrains vagues. Ces familles s'installent à Montreuil, aux Guilands ou dans d'autres quartiers, comme La Noue ou La Boissière et pratiques parfois des formes d'itinérance au printemps ou à l'été. Des caravanes sont installées dans les jardins et restent disponibles pour ces périodes de l'année où les familles se rendent en pèlerinage notamment.

    Dans les années 1960, le terrain des Guilands est acheté par la Ville de Montreuil et transformé en parc. Les habitants s'installent entre autre dans les grands ensembles construits à Montreuil dans les années 1950-1960 ou s'installent dans les quartiers pavillonnaires de la ville de Montreuil ou Bagnolet. Le parc communal des Guilands est réuni au parc départemental Jean Moulin de Bagnolet pour devenir, en 2007, le Parc départemental Jean-Moulin les Guilands.

  • Sources complémentaires :

    Sources d'archives

    ●Archives municipales de Montreuil (Il n'existe pas d'instrument de recherche détaillé. Les intitulés sont ceux mentionnés sur les cartons et dossiers) :

    Carton «Immigration 3 Foyer Nouvelle France» (1987-1997).

    Registres des naturalisations (1889-1946).

    Carton «Immigration - Racisme» (1983-2005).

    Carton «immigration» (années 1970-1980).

    Carton «foyers migrants de 1969-1973 (secrétariat des secrétaires généreux)».

    Carton «immigration» (1969-1981).

    Dossier à chemise «Immigrés» (env. 1975-1981).

    Dossier à chemise «Louis Odru. Immigration (1977-1986)».

    ●Archives départementales de Seine-Saint-Denis

    1884W24, Lieux d'habitat. Secrétariat particulier.

  • Références :

    Bibliographie

    AUDUC Arlette, Montreuil, patrimoine de l'entre-deux guerres, Paris, Association pour le patrimoine de l'Île-de-France, 2006, 48p.

    AYRAULT Philippe (dir,), Montreuil, patrimoine industriel, Paris, Association pour le patrimoine de l'Île-de-France, 2003, 48p.

    BRUNET Jean-Paul, (dir.), Immigration, vie politique et populisme en banlieue parisienne (fin XIXe- XXe siecles), Paris, L'Harmattan, 1995, 394p.

    CAR Marylène, «Les foyers de travailleurs africains à Montreuil» in Jean-Paul Brunet (dir.), Immigration, vie politique et populisme en banlieue parisienne (fin XIXe- XXe siecles), Paris, L'Harmattan, 1995, pp.225-244.

    CHAUMET Marie, Usages de l'eau et rapports à l'autre chez des Roms roumains de Villejuif et de Montreuil, Master 2, Paris, Muséum national d'histoire naturelle, 2011, 86p.

    DECOUX Jérôme, DE LALEU Thibault, SCHOON Gilbert, Usines en ville: architecture et histoire des ateliers et usines de Montreuil, Musée de l'histoire vivante, Montreuil, 2004 132p.

    DEDIEU Françoise, Jardins ouvriers et familiaux en Seine-Saint-Denis, Pantin, Département de la Seine-Saint-Denis, 2011, 176p.

    D'ORAZIO Anne, Habiter le sol d'autrui, le cas des Guilands à Montreuil-sous-Bois : une initiative domestique ordinaire en marge du droit commun, Master 2, Paris, Université Paris Est, Institut d'urbanisme de Paris, 2006, 135p.

    HIVERT Philippe, Le cimetière de Montreuil: reflet d'une société, Montreuil, Musée de l'histoire vivante, Valette Éditions, 2008, 118p.

    HIVERT Philippe, Montreuil-sous-Bois, 5 vol., Montreuil, Eden, Folies d'encre, 2002-2005.

    HIVERT Philippe, SCHOON Gilbert, Montreuil: dictionnaire historique des rues, 2vol., Musée de l'histoire vivante, Montreuil, 2006, 239p.

    JAULIN Béatrice. Les Roms de Montreuil-sous-Bois: 1945-1975. Paris, Autrement, 2000. 143p.

    LAFON Éric, FAU-VINCENTI Véronique, Les brigades internationales: Montreuil, Espagne (1936-1996), Paris, Association pour l'histoire vivante, 1996, 22p..

    LILLO Natacha, (dir.),Histoire des immigrations en Île-de-France de 1830 à nos jours, Paris, Publibook , 2012, 220p.

    MILZA Pierre, «Les Italiens», in Annie Fourcaut, (dir.), Banlieue rouge 1920-1960: années Thorez, années Gabin, archétype du populaire, banc d'essai des modernités, Édition Autrement, Paris, 1992, pp,111-127.

    SCHOON Gilbert, Montreuil, portraits de ville: trois siècles de photographies, Montreuil, Musée de l'histoire vivante, 2007, 155p.

    Webographie

    Les Foyers à Montreuil, COPAF (consulté le 13 mai 2015).

  • Légende/crédits :

    Légendes des documents numériques associés

    Doc 1. : Carte et découpage du quartier des Guilands. [Publication en ligne : «Une association de quartier dans les Guilands: la constitution d'un entre-soi», URL: http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2010.collet_a&part=375084 (consulté le 22 juin 2015)].

    Doc. 2 : Au Nord, le quartier de la Noue. [Publication en ligne : «Une association de quartier dans les Guilands: la constitution d'un entre-soi», URL: http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2010.collet_a&part=375084 (consulté le 22 mai 2015)].

    Doc. 3 : Rue et ruelle dans le quartier des Guilands, Montreuil [Publication en ligne : «Une association de quartier dans les Guilands: la constitution d'un entre-soi», URL: http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2010.collet_a&part=375084 (consulté le 22 juin 2015)].

  • Mots-clés