Pakin, Léon

  • Date :

    1909-1942

  • Notice historique :

    Pakin, Léon (Tomaszow Mazowiecki, Pologne, 1909-Mont-Valérien, Suresnes, 1942). Fils d'ouvriers tisserands, Léon Pakin commence à travailler à l'âge de 14 ans et après avoir exercé divers métiers devient lui-même ouvrier tisserand. Militant des Jeunesses Communistes, il est arrêté une première fois à l'âge de 17 ans et condamné pour sa participation à une grève des tisserands à Pabianice, un faubourg de Lodz. Libéré, il organise de nouvelles grèves. Les condamnations se succèdent : en dix ans, Léon Pakin passe huit années en prison. En 1937, Léon Pakin traverse l'Europe pour rejoindre les Brigades Internationales : il participe à la constitution de la compagnie Botwin qui réunit des volontaires juifs. Après la défaite des Républicains, il se réfugie en France où il est interné dans différents camps dans le Midi : Argelès, Saint-Cyprien, Gurs, Le Vernet. Sur instruction du Parti, il se porte volontaire pour aller travailler en Allemagne. Il est transféré à la caserne des Tourelles à Paris. Là, hospitalisé à cause d'une hernie, il saisit l'occasion pour s'évader. Il entre alors dans l'Organisation Spéciale (OS) du Parti communiste qui s'engage dans la lutte armée contre l'occupant à partir de l'été 1941. Léon Pakin est blessé au cours d'une action contre un garage allemand pendant l'automne. Après avoir été soigné par le docteur Chertok, il est hébergé pendant sa convalescence par Jeanne List, une militante de la Main-d'œuvre immigrée dont il tombe amoureux et devient le compagnon. Au début du printemps 1942, il est chargé avec d'autres anciens d'Espagne de constituer un détachement de Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI). Ils recrutent parmi les militants de la section yiddish de la MOI qui donnent à cette unité le surnom de détachement juif. Léon Pakin en est le premier responsable militaire. Les débuts de ce détachement sont tragiques : deux combattants, Hersch Zimmermann et Saül Bot, sont tués par l'explosion d'une bombe qu'ils préparaient en vue d'une action prévue pour le 1er mai. Risquant d'être repérés, Léon Pakin et Jeanne List plongent dans la clandestinité. Le 29 juin, Léon Pakin et un jeune combattant FTP-MOI, Elie Wallach, menacent un fourreur de la rue Saint-Antoine à Paris, qui travaille sur des commandes de l'armée allemande. L'action tourne mal. Ameutée par les cris de l'artisan et de passants, la police les arrête. Après avoir été interrogés par la police française, ils sont remis aux Allemands. Condamnés à mort le 24 juillet au cours d'un procès à huis clos organisé par la SIPO-SD, ils sont fusillés au Mont-Valérien le 27 juillet 1942.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Diamant David, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Paris, Renouveau, 1984

    Holban Boris, Testament, après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle, Paris, Calmann-Lévy, 1989

    Lisnner Abraham, Un franc-tireur juif raconte..., Paris, L'Auteur, 1977

    Wieviorka Annette, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Paris, Denoël, 1986

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Grégoire GEORGES-PICOT

  • Mots-clés