Manouchian, Missak dit Georges

  • Date :

    1906-1944

  • Notice historique :

    Manouchian, Missak dit Georges. Poète et résistant arménien (Adyaman, Turquie, 1906-Suresnes, 1944). Après la mort de ses parents, son père ayant été tué par des Turcs, Missak Manouchian est recueilli par des membres de l'église arménienne et passe son enfance dans un orphelinat en Syrie. A l'automne 1924, il émigre en France avec son frère Karabet. Ils vivent un temps à Marseille et à La Seyne puis se rendent à Paris. Karabet étant tombé gravement malade, Missak se fait engager comme ouvrier tourneur chez Citroën pour subvenir à leurs besoins. Son frère meurt en 1927. Missak est lui-même licencié par Citroën du fait de la crise économique au début des années 30. N'ayant plus de travail, il vit de petits métiers et s'inscrit en même temps comme auditeur libre à la Sorbonne. Poète, Missak Manouchian fonde alors avec Semma, un jeune poète arménien, deux revues littéraires, Tchank (L'effort) puis Machagouyt (Culture). Après le 6 février 1934, il adhère au Parti Communiste, s'inscrit à l'Université ouvrière du PCF et adhère au Comité de secours pour l'Arménie dont il est élu secrétaire en 1935. C'est là qu'il fait connaissance de Mélinée Assadourian qui deviendra sa compagne deux ans plus tard. Quand la guerre civile éclate en Espagne, il devient membre du Comité d'aide aux Républicains espagnols. En 1938, il est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Zangou, le journal de la section arménienne de la Main-d'œuvre immigrée. Au lendemain de la déclaration de guerre, le 2 septembre 1939, Missak Manouchian est arrêté en tant que responsable communiste étranger. Il est libéré en octobre (ou trois mois plus tard, selon Gaston Laroche) pour être, à sa demande, incorporé dans l'armée française. En juillet 1940, il est démobilisé et affecté comme ouvrier près du Mans. Il est de retour à Paris au début de l'année 1941. A nouveau arrêté après l'invasion de l'Union Soviétique le 22 juin 1941, il demeure interné à Compiègne jusqu'en septembre: aucune charge n'étant retenu contre lui, il est libéré. Revenu à Paris, il dirige dès lors la section arménienne de la Main-d'œuvre immigrée. Au début de l'année 1943, il rejoint le premier détachement des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) à Paris: d'autres combattants d'origine arménienne le rejoignent les mois suivants au sein de ce détachement. Au mois de juillet, il devient le responsable technique de l'ensemble des FTP-MOI de la région parisienne. Au mois d'août, il prend la place de Boris Holban comme responsable militaire, ce dernier étant en désaccord avec la stratégie d'intensification des attentats voulue par le Parti communiste. Missak Manouchian est arrêté le 16 novembre 1943 en même temps que Joseph Epstein, chef militaire des FTP de l'Ile-de-France. Tous deux sont remis aux Allemands ainsi que les autres combattants FTP-MOI arrêtés durant ce mois de novembre. Ce sont pour la plupart des étrangers: entre les mains des Allemands, ils vont servir une campagne de propagande présentant la résistance comme une ""armée du crime"", composée de bandits, de juifs, d'étrangers et de communistes. Condamné à mort par la cour martiale du tribunal allemand auprès du commandant du Grand Paris en février 1944, Missak Manouchian est fusillé le 21 février au Mont-Valérien avec 21 combattants FTP-MOI parisiens.

  • Sources complémentaires :

    SOURCES D'ARCHIVES PUBLIQUES

    Centre historique des archives nationales (CHAN, Paris, France) : sous-série F1 «Ministère de l'Intérieur, administration générale» / F1c I 214.

    Idem : fonds 72 AJ «Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale» / 72 AJ 1007 et 1008.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Courtois Stéphane, Peschanski Denis, Rayski Adam, Le sang de l'étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Paris, Fayard, 1989

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Grégoire GEORGES-PICOT

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