Tavitian, Arben dit André alias Armenek Manoukian

  • Date :

    1895-1944

  • Notice historique :

    Tavitian, Arben dit André alias Armenek Manoukian (Russie, 1895-Mont-Valérien, Suresnes, 1944). Arben Abramovitch Dav'tian (transcrit généralement Tavitian) est originaire de Transcaucasie. Il commence à travailler à l'âge de 14 ans. Serrurier, imprimeur, puis mécanicien, il rejoint en 1917 le Parti bolchévique et s'engage l'année suivante dans l'Armée Rouge. D'abord soldat, il devient officier, responsable politique dans son unité. Il combat durant toute la guerre civile dans le Caucase. Il entreprend à partir de 1923 des études à l'Université communiste de Transcaucasie dont il est exclu en 1925 pour trotskysme. En 1927, Arben Tavitian est exclu du Parti puis emprisonné en septembre 1928. Il reste sous le contrôle du GPU à Erevan puis à Tiflis (Tbilissi) et enfin à Akmolinsk (Astana) où il retrouve des militants de l' «Opposition de gauche». En 1931, il est à nouveau arrêté: incarcéré à la prison de Petropavlosk, il est condamné à trois ans de prison. Transféré à Verkhnéouralsk, il participe à une grève de la faim mais finit par plier et renier le trotskysme. Sa peine purgée, il est exilé à Andijan en Asie centrale: là, il parvient à s'enfuir d'Union Soviétique et à gagner la Perse en 1934. Arben Tavitian reprend alors contact avec Léon Trotsky qui organise sa venue en France. Il débarque à Marseille en mai 1937 et témoigne dès son arrivée à Paris devant la commission d'enquête sur les procès de Moscou. Après avoir participé un temps aux activités du groupe russe réuni autour du fils de Trotsky, Léon Sedov, il s'en éloigne au bout de quelques mois ne supportant pas l'atmosphère de querelle qui y règne. Il trouve du travail comme ouvrier et se rapproche des milieux de l'émigration arménienne. Arben Tavitian entre en juillet 1943 au premier détachement des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) de Paris. Arben Tavitian est arrêté en novembre 1943 par la Brigade Spéciale de la police parisienne qui le remet aux Allemands. Condamné à mort par la cour martiale du tribunal allemand auprès du commandant du Grand Paris en février 1944, il est fusillé le 21 février au Mont-Valérien avec 21 combattants FTP-MOI.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Lisnner Abraham, Un franc-tireur juif raconte..., Paris, L'Auteur, 1977

    Robrieux Philippe, L' Affaire Manouchian, vie et mort d'un héros communiste, Paris, Fayard, 1986

    «L'ancien «trotskyste» du groupe Manouchian», Cahiers Léon Trotsky, septembre 1985

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Grégoire GEORGES-PICOT

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