Milev, Boris dit Charles puis Gaby

  • Date :

    1903-1983

  • Notice historique :

    Milev, Boris dit Charles puis Gaby (Sofia, Bulgarie, 1903-Paris, 1983). Né dans un faubourg ouvrier de Sofia, Boris Milev tente d'abord de faire du théâtre avant d'être instituteur dans le sud du pays. Devenu communiste en 1923, il est arrêté une première fois puis libéré après une courte détention. A nouveau menacé d'arrestation, il émigre en 1925. Il gagne alors Paris où il entreprend des études d'art dramatique et milite dans le même temps au sein de la Main-d'œuvre étrangère, ancêtre de la Main-d'œuvre immigrée (MOI). En 1928, il est expulsé pour avoir participé à une grève. Réfugié en Belgique, il en est expulsé l'année suivante et revient alors en France. En 1931, après l'accession au pouvoir d'un gouvernement libéral en Bulgarie, il retourne dans son pays où il devient permanent du Parti et écrit pour les revues communistes. Il est arrêté en 1935 et condamné en raison de ses activités politiques. En 1938, il parvient à s'évader de l'hôpital pénitentiaire et revient à Paris avec l'intention de s'engager dans les Brigades Internationales. Mais il est alors envoyé en mission en Pologne probablement sur instruction de Bogdanov, le représentant de l'Internationale Communiste chargé de réorganiser le parti communiste polonais après sa dissolution sur ordre de Staline. De retour en France en 1939, Boris Milev est arrêté peu après la déclaration de guerre en tant qu'étranger suspect. Interné successivement à Fresnes, au camp du Vernet en Ariège puis à celui des Milles près d'Aix-en-Provence, il s'évade de ce dernier mais est à nouveau arrêté par les Allemands qui l'incarcèrent à Châlon-sur-Saône. Citoyen bulgare, il est libéré peu après car la Bulgarie est alliée au Reich. Boris Milev revient à Paris et s'engage dans la lutte armée. Il fait partie du groupe bulgare des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) constitué par Vladimir Chterbanov, un ancien des Brigades Internationales. En janvier 1943, Boris Milev entre dans le triangle de direction des FTP-MOI de la région parisienne où il remplace Karel Stefka, le responsable politique, arrêté le mois précédent. Repéré par la police en avril 1943, il quitte Paris peu après. Il est envoyé dans le Nord puis dans l'Est de la France comme délégué de la direction de la MOI. Il a notamment pour mission, à partir de l'automne 1943, d'organiser en liaison avec les FTP les premiers maquis de prisonniers soviétiques évadés. Après la libération, Boris Milev rentre en Bulgarie. Il est victime des procès staliniens à la fin des années 40. Réhabilité, il occupe ensuite des fonctions importantes au sein du Parti et dans l'Etat. Diplomate à l'Unesco, il meurt à Paris en 1983.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Courtois Stéphane, Peschanski Denis, Rayski Adam, Le sang de l'étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Paris, Fayard, 1989

    Faligot Roger, Kauffer Rémi, Service B, Paris, Fayard, 1985

    Holban Boris, Testament, après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle, Paris, Calmann-Lévy, 1989

    Milev Boris,Pages (en bulgare), Sofia, Editions du Parti Communiste Bulgare, 1982

    Robrieux Philippe, L'Affaire Manouchian, vie et mort d'un héros communiste, Paris, Fayard, 1986

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Grégoire GEORGES-PICOT

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