Hachlaf, Ahmed El Habib

  • Date :

    1995

  • Notice historique :

    Hachlaf, Ahmed (s.d. - 1995). Issu d'une famille de magistrats, Ahmed Hachlaf fait ses études à la Medersa de Tlemcen, puis à celle d'Alger. Arrivé en France après la Libération pour suivre des études de droit, il est embauché en 1946 par la radio Paris-Inter, sur laquelle il est chargé d'animer une émission quotidienne destinée aux travailleurs maghrébins. Auprès du comédien et chanteur tunisien Abdelaziz Elagrebi, directeur du service, il apprend les rudiments du métier, avant de le remplacer lorsque ce-dernier doit retourner en Tunisie. Afin d'enrichir le contenu culturel de ses émissions, il fréquente régulièrement les nombreux cabarets orientaux parisiens, tels que le Koutoubia, Eldjazaïr, l'Oasis Tunisienne, le Baghdad, les Nuits du Liban ou encore la Kasba, interviewant les artistes et enregistrant certaines chansons. Il diversifie par ailleurs ses programmes radiophoniques en créant par exemple une émission destinées aux femmes, animée par Saloua, puis en 1951, une émission pour enfants dont l'animation est confiée à Warda, alors âgée de onze ans. Il met en place par la suite un programme accompagnant les pèlerins à La Mecque, ainsi qu'une émission consacrée au cinéma. Sa carrière radiophonique prend fin en 1956, à l'occasion de la crise de Suez, lors de la grève des animateurs des émissions en arabe refusant de participer à la propagande anti-nassérienne. Licencié de Paris-Inter, Ahmed Hachlaf se consacre dès lors à sa carrière de producteur, dans un premier temps au sein de la société Pathé-Marconi, avec laquelle il collaborait depuis 1947. N'ayant jamais coupé les liens avec sa terre natale, Ahmed Hachlaf milite également activement en faveur de l'indépendance de l'Algérie, en organisant notamment pendant la guerre des tournées artistiques pour le compte du FLN. Après la guerre, en tant que directeur artistique, il s'assure de ce qu'il appelle lui-même « un quasi-monopole du disque arabe ». En 1972, il se sépare de Pathé-Marconi et crée sa propre société, avec laquelle il produira plus de 5 000 chansons. Il se consacre alors à la préservation et à la diffusion des « musiques arabes », et publie dans cet esprit une Anthologie de la musique arabe, avec son frère Mohammed, en 1993.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    El Yazami Driss, "La disparition d'Ahmed El Habib Hachlaf : l'homme du patrimoine", in Migrance, n°8, Paris, 1995, pp.2-3

    Hachlaf Ahmed et Hachlaf Mohammed El Habib, Anthologie de la musique arabe, Paris, Publisud, 1993

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Driss EL YAZAMI

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