Holban, Boris dit Roger puis Olivier

  • Date :

    1908-2004

  • Notice historique :

    Holban, Boris dit Roger puis Olivier (né à Ataki, Bessarabie en 1908 - mort à Etampes en 2004). Alors que son vrai nom est Boris Bruhman, il adopte celui de Holban après la Seconde Guerre mondiale. En 1929, à la fin de ses études secondaires, Boris Holban adhère au Parti communiste roumain clandestin, la Bessarabie étant devenue roumaine. Il milite à peine depuis un an qu'il est arrêté et condamné à six ans de prison. En 1932, il est amnistié. Commence alors une période où les moments de liberté alternent avec les séjours en prison. En 1937, il s'exile en Tchécoslovaquie où il apprend qu'il est déchu de la nationalité roumaine. Il part en France dans le but de s'engager dans les Brigades Internationales mais lorsqu'il arrive à Paris en juillet 1938, le recrutement des combattants a cessé. Il demeure alors dans cette ville et milite au sein du groupe de langue roumaine de la Main-d'œuvre immigrée (MOI). En septembre 1939, il s'engage dans l'armée française. Fait prisonnier en juin 1940, il s'évade de la forteresse de Metz avec l'aide de militants roumains venus de Paris. De retour dans la capitale en janvier 1941, il est chargé à partir de l'été de cette année de recruter au sein de la Main-d'œuvre immigrée des volontaires pour la lutte armée et prend le commandement de ces groupes de combat à Paris : ils formeront au printemps 1942 avec les militants étrangers de l'Organisation Spéciale (OS-MOI), dirigée par Joseph Boczor, les Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI). Boris Holban en est le chef militaire pour la région parisienne jusqu'en août 1943, date à laquelle il est démis de ses fonctions en raison de ses critiques sur la stratégie d'intensification des attentats qui, selon lui, mettent en péril l'organisation. Il participe alors à la réorganisation du groupe de langue roumaine de la MOI puis, à partir d'octobre 1943, est chargé de superviser l'évasion des prisonniers soviétiques employés dans les mines dans le Nord et l'Est de la France. A la fin de l'année 1943, Boris Holban redevient le chef militaire des FTP-MOI de la région parisienne. Les arrestations de novembre ont décimé l'organisation qui se reconstitue sous son commandement. Dès lors, les FTP-MOI n'entreprennent plus d'actions contre les unités ou les personnalités allemandes à Paris mais les sabotages contre les voies de communication et les réseaux d'électricité se multiplient en banlieue à l'approche de la libération. Boris Holban est simultanément le responsable militaire de la zone nord (la zone occupée par les Allemands dès juin 1940) où plusieurs maquis FTP-MOI se sont créés. A la libération, il devient le commandant du bataillon 51/22 qui réunit les engagés volontaires d'origine étrangère. Boris Holban rentre en Roumanie en août 1946. On lui conseille alors d'abandonner son patronyme juif. Sous le nom de Holban, il commence une carrière dans l'armée. En 1949, il est promu général de brigade. En mai 1950, il est soudainement démis de ses fonctions au moment où s'ouvrent des procès d'épuration dans les pays d'Europe orientale. Quittant l'armée, Boris Holban entreprend une carrière d'ingénieur dans le textile jusqu'à sa retraite en 1970. En 1979, il obtient un visa de sortie, se rend aux Etats-Unis où vivent ses frères puis en France. Deux ans plus tard, il fait un nouveau séjour en France. Boris Holban s'y installe définitivement en 1984. Au milieu des années 80, Boris Holban est accusé d'avoir été le responsable des arrestations de l'automne 1943 pour avoir interdit aux combattants FTP-MOI de quitter Paris. Son témoignage, écrit avec le concours de deux historiens, Stéphane Courtois et Denis Peschanski, démontre l'inanité de ces accusations.

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Courtois Stéphane, Peschanski Denis, Rayski Adam, Le sang de l'étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Paris, Fayard, 1989

    Holban Boris, Testament, après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle, Paris, Calmann-Lévy, 1989

  • Légende/crédits :

    Auteur de la notice

    Grégoire GEORGES-PICOT

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