Camp de La Rye Le Vigeant (Le Vigeant, Vienne)

  • Date :

    fin 1930

  • Notice historique :

    Présentation du contenu

    Le camp de la Rye, à proximité du Vigeant, est situé dans le département de la Vienne, près de l'Isle-Jourdain. Camp militaire, devenu ensuite centre de pyrotechnie et de munitions, créé à la fin des années 1930, il accueille des soldats malgaches, puis allemands durant la Seconde Guerre mondiale. De violents combats opposent d'ailleurs, dans cette région, les FFI (Forces françaises de l'intérieur) et la Wehrmacht pendant l'été 1944. Le bourg du Vigeant est aussi le lieu d'un massacre le 4 août 1944, où 18 résistants et 22 civils périssent. Au sortir de la guerre, le camp se transforme en prison de droit commun.

    Dans les années 1950 et 1960, le camp de La Rye accueille plusieurs vagues de réfugiés : des Indochinois en 1954 suite à la fin de la guerre d'Indochine, des Hongrois en 1957, suite à l'insurrection de Budapest, puis des harkis en 1962 dans le contexte de la fin de la guerre d'Algérie. Le camp sert alors de camp de transit et de reclassement après décision du Secrétariat d'État aux Rapatriés. Composé de 40 bâtiments d'habitation abritant 150 logements ainsi que des bâtiments scolaires, disposant de l'eau courante, de l'électricité et d'un mobilier rudimentaire, le camp de la Rye s'ouvre ainsi à la fin du mois de juin 1962. Les premiers réfugiés s'installent : 22 personnes le 28 juin ; 32 personnes le 12 juillet. L'arrivée massive des familles au camp de la Rye s'opère à partir du 10 septembre 1962. Certaines proviennent du centre d'accueil de Poitiers, d'autres, plus nombreuses, sont déplacées des camps de Larzac (Aveyron), de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) et du Fort de Nogent où elles étaient hébergées. La population du camp passe de 756 en septembre 1962 à 936 personnes, son effectif maximum, en février 1963. Outre des anciens supplétifs, le camp de la Rye accueille aussi des anciens élus (maires, conseillers généraux, &), des notables et d'anciens chefs religieux, qui ont aussi fui lors de l'indépendance de l'Algérie.

    Soumis à un encadrement militaire, le camp devient une véritable petite ville avec une école et un centre professionnel de formation pour jeunes adultes. Douze sections de formation professionnelle pour adulte, essentiellement une formation aux métiers du bâtiment, ainsi qu'un internat de 200 lits accueillant les jeunes garçons âgés de 16 à 17 ans sont ainsi mis en place. Ces jeunes repartent au bout d'une année après leur stage professionnel, soit vers leur lieu de provenance, soit vers un lieu d'emploi. Un cimetière musulman, composé de six tombes de personnes âgées et de jeunes enfants décédés durant cette période, évoque encore aujourd'hui le passage de ces familles. A la fin de l'année 1964, à l'instar des autres camps de transit, le camp de la Rye-Le Vigeant ferme ses portes.

    Le camp de la Rye est utilisé ensuite comme centre de formation professionnelle pour étranger, spécialisé dans l'initiation et la préformation d'aide du bâtiment. Depuis 1991, il fonctionne comme un centre de réinsertion pour jeunes délinquants. Le site est aujourd'hui abandonné. Seuls les décombres des bâtiments et le cimetière rappellent l'histoire de ce lieu de passage, un site que la municipalité souhaite finalement détruire en 2013.

  • Sources complémentaires :

    SOURCES AUDIOVISUELLES

    « Centre professionnel pour harkis », INA, 28 octobre 1963

    « Fin stage FPA Le Vigeant », INA, 2 juillet 1969

  • Références :

    OUVRAGES ET ARTICLES

    Albert Marie-Claude, Gillard Jean-Luc, « Des harkis dans la Vienne », in Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault (dir.), La France en guerre, 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d'indépendance algérienne, Paris, Autrement, 2008, pp. 436-445

    Albert Marie-Claude, Gillard Jean-Luc, « L'arrivée des rapatriés d'Algérie dans le département de la Vienne (1962-1964) », résultats des travaux menés dans le cadre d'une mission scientifique de l'Institut d'Histoire du Temps Présent (IHTP), laboratoire du CNRS, 2009, 12p. En ligne : http://ww2.ac-poitiers.fr/civique/IMG/pdf/L_arrivee_des_rapatries_dans_le_departement_de_la_Vienne.pdf

    (Consulté le 25 avril 2013)

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