Idbihi, Mustapha (collection numérisée d'affiches)

  • Date :

    [197]-2009

  • Description physique :

    Nombre d'unités de niveau bas : 35

    Genre/Carac. phys. : Document iconographique

  • Nature du contenu : Affiches
  • Origine : Idbihi, Mustapha
  • Biographie ou histoire :

    Présentation du producteur

    Mustapha Idbihi, l'ouvrier-producteur

    Originaire du Maroc, Mustapha Idbihi arrive en France peu avant les évènements de 1968, pour terminer ses études. C'est la vie ouvrière qui l'attend peu de temps après ; ainsi, il entre comme manoeuvre chez Renault-Billancourt où il restera pendant 22 ans. Ses compétences pour la gestion le poussent à se faire élire au comité d'entreprise de l'usine (RNUR) pour prendre en charge la programmation culturelle à destination des ouvriers maghrébins majoritaires dans l'entreprise, mais privés d'offre culturelle spécifique malgré leurs cotisations. A l'origine destinés uniquement au personnel de l'usine, les galas se multiplient pour le ramadan et l'aïd, puis la programmation s'ouvre aux fêtes de fin d'année également dans le cadre d'autres entreprises, comme pour le personnel du sous-traitant Société des usines Chausson dès 1974. Cet engouement culturel, revendication majeure des mouvements ouvriers de l'époque, permet de voir sur scène les grands chanteurs maghrébins du moment comme la Libanaise Sabah ou le Marocain Abdelwahab Doukkali. Mustapha Ibdihi développe ensuite une carrière d'organisateur de spectacles à titre privé, notamment pour l'émission de télévision Mosaïque, dans des festivals comme les Francofolies de la Rochelle ou dans des salles comme l'Olympia, parallèlement à ses fonctions chez Renault. Il fonde également Radio France Maghreb où il fait découvrir les talents venus d'Afrique du Nord. La station est alors hébergée à la fin des années 70 sur les ondes de Radio Tomate. Cette double casquette d'ouvrier-producteur prolifique est unique en son genre : il côtoie aussi bien le monde ouvrier que la famille des producteurs de musique maghrébine qui investit Barbès, capitale de la musique maghrébine en France. Au plus près du public immigré, il sonde ce marché sur lequel il est le plus performant : il fait débuter de futures vedettes comme le groupe Nass el Ghiwane dans les années 70, Abdelwahab Doukkali ou la jeune Najat Aâtabou. Il organise également les premières retransmissions de la Coupe du Monde en 1982 proposant notamment les matchs de l'Algérie, dans toutes les grandes villes de France. Licencié de l'usine en 1986, il poursuit une carrière de producteur de cassettes VHS et audio de chanteurs maghrébins, dans son magasin à Paris, puis se retire du milieu musical en 1992.

    Notice rédigée par Naïma Yahi (Association Génériques)

  • Autre instrument de recherche :

    Liens

  • Organisme : Génériques (Paris, France)
  • Mots-clés