Les étrangers dans la Résistance à Paris : notices dans le dictionnaire historique de l'immigration
Le 16/11/2016 à 16h29 par Génériques
Résumé

De nombreux étrangers ont résisté auprès du peuple français dans la lutte contre l'occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale. Afin de mettre en lumière leur engagement, Odysséo enrichit son dictionnaire historique de l'immigration de nouvelles notices valorisant les actions menées par les étrangers engagés au sein de différents mouvements clandestins de la Résistance.

Le déploiement des réseaux de résistance à Paris sous l'Occupation 

 

De nombreux étrangers domiciliés en France avant la Seconde Guerre mondiale se sont engagés dans la Résistance dont notamment des immigrés hongrois, russes, bulgares, espagnols, roumains, tchécoslovaques, allemands et italiens. La ville de Paris, située en zone occupée pendant le conflit, s'est érigée en véritable centre névralgique des actions de résistance en faisant intervenir de nombreuses organisations clandestines de lutte armée, d'espionnage et d'aide sociale.

 

Parmi ces organisations, se déploie à Paris entre 1943 et 1944 le groupe Manouchian du mouvement des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), ayant mis en place des actions de destruction à l'encontre des forces de l'ordre dont notamment l'assassinat le 28 novembre 1943 du général SS Julius Ritter. D'autres mouvements de lutte armée participent également à l'organisation d'opérations de sabotage et de destruction envers les forces de l'ordre, parmi lesquels l'Organisation spéciale (OS) et les Bataillons de la jeunesse, deux organes créés par le Parti communiste français (PCF).

 

Certains mouvements clandestins privilégient d'autres modes d'action. Au 36 rue Amelot (Paris, 11e), est créé en 1940 le Comité Amelot, une organisation portant secours aux Juifs, coordonnée notamment par Léo Glaeser. Par ailleurs, rue de Lourmel (Paris, 15e), la mère Marie Skobtsov fonde l'Action orthodoxe qui deviendra sous l'Occupation un organe de résistance venant en aide aux évadés russes, aux résistants et aux Juifs. Enfin, le Mouvement pour l'indépendance hongroise sera mis en place en 1943 dans une volonté de promouvoir la libération de la nation hongroise et de soutenir la Résistance française.

 

Pour en savoir plus sur l'« Affiche rouge » placardée à 15 000 exemplaires par les forces de l'ordre suite à la condamnation du groupe Manouchian, consultez cet article du blog Melting post.

 

 

 

L'implication des immigrés allemands dans la Résistance française

 

Une partie des immigrés allemands exilés en France vont s'engager dans la Résistance. Certains d'entre eux sont des exilés communistes comme Karl Schönhaar qui s'engagera au sein des Bataillons de la jeunesse dès les débuts de l'Occupation.

 

D'autres sont de confession juive comme par exemple Marianne Cohn, engagée à partir de 1942 dans la construction du Mouvement de jeunesse sioniste (MJS) où elle s'occupera notamment du service de placement d'enfants ; et Dora Schaul (dite Renée Fabre) qui après avoir été internée à la prison de la Petite Roquette à Paris en 1939, puis transférée dans les camps du midi, s'engagera à sa libération en 1942 dans le mouvement clandestin du Travail allemand (TA).

 

Le Travail allemand (TA) est une organisation mise en place en 1941 ayant pour objectif de s'infiltrer dans l'administration et les forces de l'ordre afin de renseigner la Résistance. Ce mouvement regroupe principalement des Autrichiens, des Juifs germanophones originaires d'Europe de l'Est et des militants allemands présents sur le territoire français.

 

 

 

Paris sous l'Occupation : la répression du régime envers les résistants

 

En 1941, sont créées les Brigades spéciales dont le siège est situé au sein de la Préfecture de police de Paris. Spécialisées dans la filature, ces brigades vont participer à l'arrestation de nombreux résistants, notamment des résistants étrangers.

Maurice Touati, résistant algérien sera notamment arrêté par les forces de l'ordre le 23 décembre 1941 à la suite d'une tentative de sabotage de camions de la Wehrmacht. Le résistant espagnol Conrado Miret-Must sera, quant à lui, torturé dans les locaux de la brigade en avril 1942, suite à divers attentats mis en place à l'encontre des forces nazies.

Le procès de la Maison de la Chimie marquera particulièrement la ville de Paris. Vingt-sept combattants des Bataillons de la jeunesse et de l'Organisation spéciale (OS) seront jugés du 7 au 14 avril 1942 dont Karl Schönhaar. Vingt-trois d'entre-eux seront fusillés au Mont-Valérien, les autres seront déportés.

 

 

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